Carnet de route

Dans "mes montagnes"

Le 13/09/2026 par Valérie M

A y est ! Je l’ai faite cette fameuse cime qui culmine à 2958 m dans «mes montagnes», entre l’Etendard et les Aiguilles d’Arves.

Grâce à Mikael que je remercie énormément à l’infini d’avoir bien voulu planifier un we chez moi, j’ai découvert une rando inconnue de moi le samedi (c’est un autre mauriennais qui en parlera dans un CR). J’ai aussi découvert la couleur des sous-vêtements de Geneviève au passage, et j’ai surtout réussi l’exploit de faire une grosse bambée le dimanche dans le plus beau pays du monde. La cime des Torches aussi appelée le Grand Agnelin. 

Dimanche debout à 6 h du matin pour 5 d’entre nous. Nous sommes 8 à profiter du massif des Arves. Catherine qui a mal dormi, (est-ce à cause de la raclette ou de tous les alcools proposés ?) accompagne Geneviève et Jeanne-Marie dans le secteur des Aiguilles, au départ du parking des Chalmieu. Il fait grand beau ce week-end et les couleurs des paysages commencent légèrement à roussir. « Elles sont belles ces montagnes » sera la phrase la plus répétée du week-end. Jeanne-Marie l’aurait prononcée 50 fois en une seule journée. Alors…. C’est où le plus beau pays du monde ?!

Départ de la Villette, quartier résidentiel de St Jean d’Arves d’au moins 2 maisons. 1ers pas à 7h30. Evidemment ça monte. Un chemin qui serpente dans la forêt pour commencer nous amène à un gite magnifique en plein milieu de nulle part. C’est après que ça se corse ; droit dans la pente dans le pré des vaches, à la recherche d’une sente. L’herbe est mouillée et il reste du givre ça et là, le soleil n’est pas encore venu nous réchauffer bien qu’on soit déjà tous en tee-shirt. En mode économie d’énergie, j’entends Bénédicte, Samuel, Patrick et Mikael converser sans s’essouffler. J’suis pas de ce monde.

Le soleil arrive. Les paysages sont déjà grandioses vus d'ici. On ne passe pas la crète de Montzard et heureusement. Les 4.5 km de crêtes pour accéder au Petit Agnelin suffisent largement à épuiser mes forces. Quelle idée ont les bergers et bergères mauriennais d’installer des parcs à mouton dans de tels endroits. Y’a juste la place de passer et encore faut faire attention à pas se prendre un coup de jus. Je me suis tellement concentrée à ne regarder que droit devant moi parce que y’a du vide de chaque côté que j’avance au ralenti même dans le peu de parties plus larges et herbeuses. On fait une pause banane, thé sucré ou sucré tout court. Et c’est reparti. J’ai besoin que quelqu’un reste près de moi pour la suite. Et c’est Patrick qui s’y colle aimablement pendant que Mikael cavale devant, suivi de près par Samuel qui continue de parler et Bénédicte qui réserve son turbo pour la descente. Un trailer torse-nu nous double juste avant la montée du Petit Agnelin. On regarde où il passe pour nous donner une idée de la pente. J’suis sûre qu’il avance vite parce qu’il s’est allégé en vêtement. La veille, on a eu le même cas, dans notre groupe.

Reste plus que 150/160 m D+ pour accéder au sommet. Patrick pense que j’ai plus de cerveau parce que je lui demande où mettre mes pieds dans la dernière (gros mot) de montée où ça glisse, où on peut s’accrocher à rien pour se sécuriser. Peut-être effectivement que j’ai plus de connexion neuronale.

Enfin le sommet après 5 h de montée (j’arrondis parce que je crois qu’il y a plus en fait mais j’ai plus de notion de temps à cette altitude) et là c’est magique. C’est tellement beau, mais beau, mais beau, à perte de vue.  Je suis émue de tout ce que « mes montagnes » m’offrent en cadeau. Sans doute sous l’effet de la pression atmosphérique, de l’eau sort de mes yeux. J’étais tellement en mode avion sur les crêtes et dans les pentes que j’ai besoin de décompresser… Embrassades, félicitations sont les bienvenues. A la cime c’est un immense pré qui nous permet de faire une pause pour casser la croûte. J’ai pas du tout envie de retourner en bas. J’suis bien là-haut. Et puis surtout je vois pas du tout comment on peut descendre une pente pareille et de quel côté. Heureusement Mikael l’Ange nous guide sur tout ce long retour en toute sécurité. 4 h de descente avec encore une crête et des prés et des chemins boueux interminables et voilà une autre remontée pour finir et un ruisseau à traverser en mode « débrouille toi pour pas glisser».

Mais quelle joie de retrouver nos copines sur le parking avec boissons fraîches et gâteaux. Le bonheur d’enlever nos chaussures. Le plaisir de raconter notre course.  La fierté d’avoir réussi cet exploit. 1760 D+ nom de nom ça se fête !

Je remercie Geneviève pour sa force mouillée (comprenne qui pourra), Jeanne Marie pour la gestion de l’intendance et la super bonne raclette, Catherine pour n’avoir pas ronflé puisqu’elle n’a rien dormi, Samuel et Bénédicte pour leur belle présence tout le long de ce dimanche, Patrick pour sa patience et ses encouragements.

Et surtout je remercie plus plus plus Mikael de m’avoir permis de réaliser cette première grande bambée pour moi, dans « mes montagnes ». 

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